Que s’est-il passé début janvier au CHU ?

  1. Une grève des médecins libéraux annoncée dès novembre2025
  2. Une épidémie de grippe annoncée (comme tous les ans)
  3. Un système de santé à bout de souffle

Un cocktail explosif mais pourtant prévisible.

Les urgences vivent une situation dramatique le weekend du 10 et 11 janvier avec un pic de fréquentation dépassant les 283 entrées et un pic de plus de 140 patients « stagnants » aux urgences.
Le lundi 12 janvier, la CGT alerte la direction et communique d’emblée aux journalistes, car la situation est grave et les collègues ont accueilli la CGT par l’expression « bienvenue en enfer ».
Des couloirs débordants de patients, soit sur des brancards, soit sur des chaises, certains préférant dormir par terre. Des repas « Daucy » pour les patients. Deux patients sont décédés ce weekend là sur des brancards.
En attendant que l’ARS ne s’empare de la situation tardivement (le vendredi 16 janvier seulement) , des lits de chirurgie sont transformés en lits de médecine, une unité de 9 lits hivernaux est créé, une goutte d’eau devant le nombre de lits d’aval qui manque au CHU et sur le territoire, cela ne permet pas de désengorger les urgences.
(A savoir : l’unité mixte de cardiologie a fermé du 29 décembre au 5 janvier, du jour au lendemain, alors que des lits étaient nécessaires.)
Nos collègues des urgences, désabusés, épuisés, qui en ont ras le bol et qui sont en première ligne, décident le mercredi suivant, le 14 janvier, un débrayage spontané, devant l’inaction de la direction.
C’est donc bien l’action de nos collègues et le mitraillage médiatique qui ont permis de faire bouger la direction et en particulier l’ARS. Un plan EPI-CLIM est déclenché le vendredi 16 après-midi permettant de libérer 36 lits sur le CHU. Tous les établissements de l’Ille et Vilaine devaient libérer des lits et prendre en priorité les patients du CHU.
Le résultat : 36 patients des urgences ont pu intégrer une chambre.
A quel prix : des sorties anticipées pour certains, des familles qui n’auront finalement pas la place prévue en EHPAD pour leur proche, des chambres doublées sans personnel supplémentaire un peu partout.
Le système de santé est saturé par manque de lits d’aval, le manque de médecins à cause du numérus clausus tant décrié et qui fait les ravages d’aujourd’hui.
Les annonces : 40 lits de SMR devraient ouvrir au CHU autour du 1 er septembre, mais avec quel médecin ? 30 lits de SMR à la clinique de St Grégoire.
Mais le compte n’est pas bon. En 2024, 60 lits de SSR à St Meen Le Grand ont fermé en 2024, 20 au Grand Fougeray.
De plus on ne peut pas accepter la main mise du privé à but lucratif sur les lits.
Également le PLFSS (plan de financement de la sécurité sociale) voté fin 2025 avec une augmentation seulement de 1.6 % n’absorbe même pas l’inflation et prévoit 3 milliards d’économie sur la santé. Cela annonce de nouvelles fermetures de lits, le maintien du gel de salaire et des suppressions de poste. La sécurité sociale n’est pas malade des maux des patients ou des arrêts maladie, mais souffre d’un manque de recettes : exonérations des cotisations patronales.
Quand le gouvernement va-t-il prendre ses responsabilités ? La question c’est bien l’augmentation des recettes dans un pays dont la population augmente et vieilli, c’est aussi la place du service publique. La sécurité sociale n’est pas la vache à lait des capitalistes.
Remarquons le silence médiatique assourdissant de la maire et des élus municipaux sur nos revendications pendant cette période ?

Petite annonce pour une nuit insolite

Envie de passer une, voire deux nuits sur un matelas souple et confortable dans un dortoir convivial avec des copains plus rigolos les uns que les autres ?
Promiscuité garantie pour papoter toute la nuit,
Ne cherchez plus, les urgences, sont faites pour vous.
Debout à 7h pour libérer le couchage pour le prochain hôte,
Petit-déjeuner vous aurez sauf si nous attendons la plus belle image de vous en noir et blanc,
Activités : pédiluve offert à chaque passage au WC, confectionné par les camarades de chambrée (du fait maison, circuit court, très tendance),
Déjeuner et dîner variés offert de bon coeur mais sur tirage au sort, il n’y en aura pas pour tout le monde, venez le ventre plein et la vessie vide,
Dress code exigé : chemise ouverte, bracelet blanc brillant, masque bleu et pâquerettes dans les cheveux,
Service saturé, personnel épuisé mais humour en perfusion.

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